Syndicat national des psychologues, une organisation syndicale pionnière, active et engagée
Voir ses messages
Une organisation syndicale
Pionnière, active et engagée
Vous êtes ici : Accueil >> Publications & Documents >> Revues >> Les stages au coeur de la formation

Les stages au coeur de la formation

Les stages au coeur de la formation
Numéro du produit: 216
Prix: 14,00 euro(s)
Ajouter au panier
Prix TTC du port: 1,50
Date de publication du produit : 08/04/2011

La question des stages dans la formation des futurs psychologues est devenue un enjeu central. Paradoxalement, elle a suscité jusqu’ici peu de réflexions théoriques, aussi bien de la part des universitaires que des psychologues recevant des stagiaires, et c’est pourquoi il a paru intéressant de lui consacrer un dossier.

Celui-ci est sous-tendu par un certain nombre d’interrogations, comme celle portant sur les conditions pour qu’un un stage soit « qualifiant ». Si le stage est le temps d’un transfert de savoir et de compétences, il doit être aussi celui de l’élaboration de différentes rencontres : celle de la clinique et d’une pratique éthiquement et déontologiquement cadrée, et celle avec un psychologue-référent. Autrement dit, quelle est la place de cette qualification/qualité du stage dans la construction identitaire des psychologues.

Une autre interrogation d’importance est celle concernant la manière dont la réflexion sur les stages est menée par les équipes pédagogiques universitaires, lorsqu’elles construisent leurs maquettes d’enseignement par exemple. Quel type de suivi est proposé : un suivi pédagogique ? une supervision ou analyse des stages ? les deux ? et avec quels intervenants ? Par ailleurs, quels liens entre l’université et les Collèges de psychologues sont-ils établis pour réguler les demandes de stage et traiter la question de la gratification avec les administrations concernées ?

C’est ici que le stage se révèle bien central, non seulement pour la formation, mais pour la profession elle-même telle qu’elle se construit et se projette. Le stage est le trait d’union le plus visible entre l’université et la profession, et renforcer la passerelle qu’il représente est un travail permanent de part et d’autre. Or il existe maintenant un élément capital qui encadre précisément ces échanges : l’arrêté du 19 mai 2006 relatif aux modalités d’organisation et de validation du stage professionnel permettant de faire usage professionnel du Titre de psychologue. En lui-même, il s’agit d’une petite révolution, car pour la première fois, universitaires et psychologues-référents sont officiellement associés dans le but d’une formation professionnelle, et le Titre ne peut être donné sans l’avis d’un psychologue, c’est-à-dire sans l’aval de la profession, que chaque psychologue représente de facto avec toute la responsabilité que cela comporte et qui doit être assumée. C’est la première pierre d’une co-formation, mais encore insuffisante pour donner un cadre adéquat. Ce cadre est celui d’une véritable professionnalisation du cursus applicable au plan national. On en est encore loin, car la logique universitaire, malgré les réformes qui annoncent plus de professionnalisation, privilégie encore d’autres aspects. Pour arriver à le mettre en place, une évolution du fond et de la forme de la formation des psychologues est attendue. C’est le sens de la proposition d’Assises pour l’évolution de la formation des psychologues qui ont eu lieu à Paris le 4 décembre 2010 à l’initiative du SNP. Ces Assises ont permis une prise de conscience forte de tous les acteurs de la discipline et de la profession. Elles doivent déboucher maintenant sur une plate-forme pour mener des actions politiques urgentes, proposer des projets de cursus qui renforcent la co-formation praticiens-universitaires et confirment l’identité de la profession. Car, on le sait, celle-ci est mise à mal…

Que seront les stages des psychologues de demain ? C’est une question qu’il est permis désormais de se poser, puisqu’elle va de pair avec la nécessité de changer la formation de base – sans oublier la formation continue. La place des stages devrait s’accroître, par exemple sous la forme d’un stage long en responsabilité dans le cadre d’un praticat ou internat. L’idée n’est pas neuve et a déjà été proposée dans le projet Anzieu de février 1969. Mais elle peut devenir une vraie nouveauté si elle correspond à la réponse attendue de la profession de psychologue aux enjeux actuels. La complexité du moment impose sans doute d’ouvrir des voies nouvelles pour reconnaître la dimension psychique des individus, des groupes et des organisations. De sorte que des pratiques et des positionnements nouveaux sont convoqués. Si la clinique du symptôme évolue, les dispositifs et les démarches cliniques sont également soumis à des mutations. Or les stages resteront le lieu privilégié d’une mise en présence de ce que la profession peut témoigner de trouvailles, de solutions et d’innovations pour toujours mieux démontrer sa nécessité. Ils enseigneront, autant qu’ils formeront, à la pratique, par la pratique, pour la pratique ; et à condition que l’université s’associe à cette co-formation praticienne, avec les moyens et les dispositifs requis.

Ce dossier s’inscrit donc dans l’ère post-Assises, car il participe à une réflexion plus large sur l’avenir de la formation des psychologues. Patrick-Ange Raoult nous donne à lire, au sujet des stages, ce qu’il envisage comme changements de fond pour une professionnalité active. Françoise Caron reprend ici quelques propositions théoriques sur les processus qualifiants des stages et indique quelques points cruciaux concernant l’actualité. Caroline Doucet met en tension formation du psychologue et formation de clinicien, et la place que les stages doivent y tenir.

Mais il fallait donner la parole aux premiers concernés, les stagiaires. C’est le cas avec le texte de Julia Riot-Viard, qui retrace ce que fut son parcours durant les stages, entre doutes et certitudes ; et celui de Thomas Mignot, qui nous démontre de quelle façon un sentiment de légitimité à occuper des fonctions vient à l’étudiant au fil du stage de master 2 afin qu’il se transforme en futur psychologue. Ces deux textes ouvrent le dossier, comme des avant-postes qui ont la charge d’alerter…

Il fallait encore pouvoir lire ce que les psychologues-référents peuvent concevoir à propos de leur place de co-formateurs. Marie-Claude Cathelineau témoigne dans son texte d’une conception des stages en lien avec son insertion comme psychologue de la FPH. Françoise Lefèvre nous fait part de sa réflexion sur une nécessaire alliance entre la pratique et la théorie du stage, à partir de sa grande expérience de psychologue-référent . Quant à Jean-Michel Coq, ancien psychologue-référent de stage, c’est au titre d’enseignant maître de stage, selon les termes de l’Arrêté de 2006, qu’il intervient ici, pour préciser en quoi consiste un rôle pédagogique nouveau dans les départements de psychologie, celui de responsable pédagogique des stages. Une voie pour l’avenir.

Bonne lecture Ă  tous.

Pascal Le Maléfan

Psychologue
Professeur de psychologie clinique
Université de Rouen



Panier  Flux RSS  Version imprimable  Envoyer Ă  un ami